A cette époque, le verre pour fenêtre
était principalement du verre en couronne. Ce procédé
fut progressivement remplacé par celui du verre à vitre obtenu
par soufflage du verre. Cette technologie fit la fortune vers 1860 de trois
acteurs qui détenaient les trois quart du marché anglais
du verre pour fenêtre : Pilkington et Chances de Birmingham (9 fours
chacun) et Hartleys de Sunderland (6 fours).
Dans les années 1870, Pilkington et Chances décidèrent
de diversifier leur production en produisant du verre en feuilles par le
procédé du verre laminé. Toujours à la même
époque, Pilkington décida d’investir dans l’industrie des
plaques de verre et en quelques années, Pilkington ravit à
la London & Manchester Plate Glass Company sa place de numéro
1 anglais.
Cette fin de siècle fut commercialement difficile pour les industriels
anglais qui devaient faire face au tarrissement de leurs exportations vers
les Etats-Unis et la concurrence croissante en provenance d’Europe continentale
(Belgique et France). Progressivement l’industrie anglaise fut balayée
et en 1903, il ne restait plus qu’un producteur indépendant : Pilkington.
Les deux raisons qui expliquent cette longévité sont d’abord
la diversité du portefeuille industriel de Pilkington qui pouvait
équilibrer ses pertes dans les plaques de verre par son activité
dans le verre soufflé, le verre imprimé et même le
verre à vitrail. Ensuite, Pilkington investit régulièrement
dans son outil industriel de production de plaques de verre améliorant
la compétitivité de ses usines. Par ailleurs, désireux
de sécuriser ses ventes, Pilkington établit des bureaux commerciaux
en Australie, Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande, Espagne, Italie,
France, Pays-Bas, Egypte et Amérique du Sud.